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"Etre présent à côté de celui qui va mourir"

Marguerite, 82 ans, "La Croix", 20 septembre 2000.

"Marguerite Duraud s’est toujours sentie solidaire des malades et des soignants. Née dans une « famille médicale », elle est naturellement devenue infirmière anesthésiste, sage-femme, puis directrice d’une maison de retraite à Fontanil, près de Grenoble, une fonction qu’elle a exercée pendant treize ans. L’étape suivante s’impose d’elle-même : elle s’engage à l’aumônerie de l’hôpital Nord de Grenoble. En 1983, elle rejoint l’association Jalmav (Jusqu’à la mort accompagner la vie), créée par le Pr René Schaerer, chef du service d’oncologie de l'hôpital.

Depuis longtemps, depuis la disparition de sa sœur à l’âge de 21 ans, puis de son frère, décédé à 50 ans en laissant neuf enfants, la mort « l’interpelle ». Pourtant, en tant que soignante, « le désir de guérir reste le plus fort », et la mort la met douloureusement "devant son impuissance et son échec". Pour surmonter ce « malaise », elle se forme. (…) "Il m’a fallu aussi découvrir que quand la médecine ne peut plus traiter la maladie de manière efficace pour donner au malade un gain de vie en qualité et en durée, il faut encore s’occuper de la personne malade, être à côté d’elle, répondre à ses besoins et à ses attentes intimes, et l’accompagner jusqu’au bout du voyage. Un moment vient où la personne malade est plus importante que sa maladie". (…)

"Le bénévole doit adapter son comportement aux règles de fonctionnement de la structure dans laquelle il intervient. Il ne doit pas empiéter sur les responsabilités des soignants ou de la famille. Il doit rester là, simplement présent à côté de celui qui va mourir et qui le sait. Avec les gestes, les mots, les silences, qui vont l’empêcher de mourir seul, muré dans ses questions et dans son angoisse. Sans rien imposer. Sans peur. Sans culpabilité non plus, parce ce que je ne suis pas coupable d’une mort inscrite dans l’ordre de la vie." (…)

« En accompagnant quelqu’un sur le sentier du mourir, je m’enrichis de la rencontre la plus humaine qui soit, avec ce qu’elle comporte de joies et d’angoisses, d’évitements et de complicités, d’espérances et de souffrances, des réalités humaines les plus intenses et les plus intimes. Je me prépare à la perspective de ma propre mort.» "

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