"Cet accompagnement ultime lui a
permis de mourir paisiblement"
Bernadette Ramilison, de Loire-Atlantique,
"La Croix", 7 octobre 1999.
"Mon amie est décédée au service
des soins palliatifs du Croisic. Je devrais dire qu’elle
s’est endormie paisiblement après trois semaines
d’hospitalisation. Cette paix, cette sérénité,
elle les avait acquises pendant ces vingt et un jours durant
lesquels elle a été entourée par une
équipe présente et discrète, efficace,
chaleureuse et souriante, à l’écoute de
ses désirs, de ses angoisses, de sa douleur.
La douleur physique était prise en charge -elle disait
ne pas souffrir-, mais aussi la douleur morale, par des soignants
qui sollicitaient les questions pour vaincre la peur.
Il faut dire aussi qu’on se préoccupait du confort
des repas, de la position dans le lit, des soins au corps respecté.
On ne rentrait dans la chambre qu’après avoir
frappé. Le premier regard était pour elle. A
son coup de sonnette, si on ne pouvait répondre sur
l’instant, on venait s’excuser de faire attendre
deux minutes (deux vraies petites minutes).
L’équipe tout entière, de l’aide
soignante au docteur, en passant par l’infirmière
et le kiné, coopérait. Cette équipe était
attentive aux accompagnants, famille et amis, disponible à leurs
questions. Elle nous tenait lieu d’exemple.
Après sa mort, l’infirmière arrivée
immédiatement ne s’est pas éclipsée
après avoir constaté le décès.
Elle est restée, accompagnant ceux qui étaient
là, accompagnant encore celle qui venait de partir,
faisait les gestes d’apaisement sur le corps inanimé,
attentive à nos question devant l’évidence.
Nous n’avons pas été chassés de
la chambre. Nous avons pu vivre intérieurement et calmement
auprès de notre amie les longs moments qui ont suivi.
Une question cependant… Est-ce que cela se passe ainsi
avec tous les mourants et leur famille ? Une aide-soignante
me dit que non. Parfois la famille n’est pas prête
ou le malade ou les deux et cela ne se passe pas bien. Mais
quand elle disait cela, c’était un constat, pas
un jugement, elle me parlait de ces familles en révolte
avec beaucoup de respect et de compassion.
C’est cela, les soins palliatifs : accompagner
le mourant, sa famille, ses amis aussi loin qu’il est
possible, aussi loin qu’ils le désirent dans
le respect de chacun."

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